Les origines de la Cycloroute de Bellechasse

  • Deux anciens réseaux ferroviaires vous accueillent
  • 35 panneaux d'interprétation historique à parcourir
  • Onze anciennes gares à découvrir
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Croisement CN et QC

 

Sur les assises de deux anciens réseaux de chemin de fer

La Cycloroute de Bellechasse occupe le tracé de deux anciens chemins de fer exploités par les compagnies Québec Central et Canadien National. Par devoir de mémoire et au bénéfice de ses utilisateurs, la MRC de Bellechasse a voulu souligner l'ancrage historique de la Cycloroute, en misant sur l'extraordinaire odyssée de la construction et de l'exploitation de ces deux chemins de fer qui, pendant plusieurs décennies, ont créé des emplois et favorisé le développement agricole, forestier et social d'une dizaine de villages et paroisses rurales. Vous trouverez, le long du parcours de près de 74 km, entre Saint-Henri et Armagh, quelque 35 panneaux faisant écho à l'histoire fantastique des deux chemins de fer qui ont sorti le Sud de Bellechasse de son isolement : sa construction, ses gares, ses villages, ses infrastructures, son exploitation, jusqu'à sa transformation en piste cyclable en 2008.

La fermeture d'une partie de la voie ferroviaire Monk, puis l'abandon de l'exploitation du secteur Sainte-Claire/Pelletier Station en 1987 ont incité le ministère des Transports à acquérir les emprises désaffectées pour conserver leur intégrité. En 2008, la MRC de Bellechasse et huit municipalités mettent en chantier le projet de Cycloroute, après avoir signé un bail de 60 ans avec le Gouvernement du Québec.


Le Québec Central

L'histoire du Quebec Central Railway (QCR) commence en 1875, un peu après que la compagnie Lévis & Kennebec Railway (L&K) eut réussi à terminer le tronçon entre Lévis et Vallée Jonction, lequel bifurquait vers le sud à Saint-Anselme. En 1881, le QCR achète le L&K en faillite. Dès le 18 octobre 1881, un service régulier est offert entre Sherbrooke et Québec via un traversier-rail; le pont de Québec ne sera accessible qu'à la fin de 1919.

Le réseau du Québec Central a connu ses heures de gloire, en parallèle avec l'essor qui a marqué l'industrie des pâtes et papiers à East Angus, celle du bois de sciage à Lac Frontière et l'industrie de l'amiante à Thetford-Mines et Black-Lake. Par la suite, la grande dépression des années 30 lui a fait la vie dure, de même que la fermeture des mines d'amiante et la compétition du transport routier. Le QCR a fermé son service de transport de passagers en 1967 et cessé ses activités en 1994. Au début des années 2000, le dernier propriétaire du QCR, Jean-Marc Giguère, a opéré de façon sporadique un service de transport de marchandises jusqu'en 2006, avant de vendre au gouvernement du Québec en 2007 les sections de voie ferrée entre Sherbrooke et Charny et entre Scott Jonction et Sainte-Hénédine, soit quelque 283 km.

Le Canadien National (National Transcontinental)

Le deuxième axe ferroviaire à l'origine de la Cycloroute de Bellechasse est celui du National Transcontinental Railway (NTR), lequel traversait jadis les comtés de Dorchester et de Bellechasse. Aujourd'hui, une section de 57 km, située entre Saint-Anselme et Armagh, accueille une deuxième partie de la piste cyclable.

C'est en 1903 que fut autorisée la construction de ce second chemin de fer vers l'Est, allant de Winnipegà Moncton. En 1905, les travaux sont amorcés, notamment sur la rive ouest de la rivière Etchemin. Des ouvriers construisent des ponts, remblaient les dépressions et posent les rails sur les traverses. La première partie construite en territoire agricole est terminée dès 1907, mais de Saint-Malachie, le terrain devient rapidement plus difficile. Autour de 300 immigrants viennent aider les employés locaux à dresser la voie à l'aide d'explosifs. On complète la section Est le 17 novembre 1913. Pour commémorer la mort de Frederick Debartzch Monk en 1914, un ancien ministre canadien des Transports, on inaugura en 1915 le nouveau chemin de fer de Charny jusqu'à Estcourt, sous l'appellation « Monk ». Il sera d'abord exploité par la Canadian Northern Railway, récemment nationalisé. En 1923, il est intégré aux Chemins de fer nationaux, soit le Canadien National (CNR).

Les infrastructures

La construction du chemin de fer du National Transcontinental a mobilisé des centaines de personnes utilisant des moyens assez rudimentaires pour l'époque.
Les travailleurs ont commencé par abattre les arbres et enlever les souches en terrain boisé, puis à niveler le terrain. La brouette, la p'tite pelle, le pic et le cheval avec sa charrette ont été les principaux instruments de travail sur le chantier. Pour combler les dépressions et aplanir les caps rocheux, la dynamite et la poudre noire étaient largement utilisées; tout le ramassage se faisait par la suite manuellement ou avec des pelles à cables actionnées à la vapeur.
Divers chantiers étaient lancés ici et là pour égoutter le tracé, construire un ponceau ou ériger un pont d'envergure, comme le viaduc de Saint-Malachie ou celui des Abénaquis. Il fallait parfois transporter le gravier ou les matériaux de déblais sur de grandes distances, nécessitant la construction d'embranchements. Après la pose des rails sur les traverses de bois, il a fallu mettre en place les infrastructures secondaires : gares, entrepôts, dépôts de charbon, réservoirs d'eau, voies d'évitement, traverses à niveau, signalisation, ouvrages de génie complexes, etc.



Les catastrophes ferroviaires

Bien que le transport ferroviaire soit l'un des plus sécuritaires, certains accidents spectaculaires se sont produits au fil des ans, notamment sur la voie ferrée du National Transcontinental, devenu le Canadien National en 1923. Ils furent occasionnés par des obstacles sur la voie, des ruptures d'essieux ou de bandage de roues, des problèmes d'horaires, de signalisation, des erreurs humaines ou des défaillances du réseau ferroviaire (conception, usure, bris, etc.). Quelques-uns de ces accidents ont frappé l'imaginaire au cours de la période d'exploitation de la voie ferrée : collision frontale, explosion, déraillements, morts... Des histoires passionnantes à découvrir sur le parcours de la Cycloroute.